Apprendre à son enfant à apprendre

Il semble fondamental, pour l’élève, de construire des outils mentaux pour apprendre.

L’efficacité des activités d'apprentissage de l’élève en classe ou à la maison dépendent des outils mentaux que celui-ci s’est préalablement approprié. Il semble nécessaire qu’il ait acquis un ensemble de compétences qui constituent un levier pour l’apprentissage.

Le concept d’activités regroupe ici l’ensemble des processus mentaux qu’un sujet met en jeu pour exécuter une tâche. Cela invite le psychopédagogue à faire l’inventaire des connaissances que l’élève doit utiliser, des compétences qu’il doit exprimer et amène à un diagnostic de ce qu’il doit avoir appris pour faire, tant sur le plan de la maîtrise des savoirs scolaires que sur celui des compétences métacognitives.

Par exemple, lire c’est à la fois connaître les bases et les mécanismes de la lecture mais c’est aussi être capable de soutenir son attention.




L’élève doit donc apprendre à : maîtriser ses émotions, utiliser sa mémoire de travail, mais aussi apprendre à apprendre

Cette approche amène le psychopédagogue à analyser les compétences métacognitives que l’enfant possède pour avancer avec lui dans les apprentissages dits scolaires.


Qu’est-ce que la métacognition ?


La métacognition est la représentation que l’élève a des connaissances qu’il possède et de la façon dont il peut les construire et les utiliser. Un des meilleurs prédicateurs de la réussite scolaire est justement la capacité de l’élève à réfléchir sur ses connaissances et à comprendre les raisonnements qu’il met en œuvre afin d’utiliser et de construire de nouvelles connaissances.


Il faut donc rendre les enfants conscients des stratégies d’apprentissages qu’ils engagent pour apprendre.

La métacognition est donc indissociable de la connaissance de soi et de la confiance en soi. Ce sont des concepts-clés sur lesquels le psychopédagogue se base pour élaborer la relation entre l’enfant et le savoir.


La métamémoire

“ Savoir ce que je sais de ce que je ne sais pas ”. C’est la métamémoire d’après les chercheurs. Ce premier aspect, savoir quand on sait ou quand on ne sait pas, représente une forme de conscience de soi.

La métarésolution de problèmes

Comprendre que, pour résoudre un problème, plusieurs chemins sont possibles.


Savoir raisonner n’est pas inné : cela s’apprend.

Apprendre à comprendre les mots clefs d'un texte ou le contenu des questions d'un problème, identifier les prérequis ou les connaissances préalables qu’il doit maîtriser pour comprendre, trouver le but à atteindre, isoler les variables à manipuler, comprendre qu’il y a plusieurs chemins qui peuvent conduire à la solution, accepter que se tromper de chemin ou en d’autres termes ne pas trouver la bonne réponse, est normal puisque la connaissance n’est pas encore maîtrisée.


Identifier les informations pertinentes, les mettre en lien en formulant une hypothèse, chercher de nouvelles informations pour les valider ou les invalider et recommencer tant que la bonne solution n’est pas trouvée, c’est ce parcours qui s’appelle raisonner.

Tout simplement, cette habileté mentale est une compétence socle pour comprendre et apprendre. Enfin, le psychopédagogue permet à l’enfant de garder une bonne estime de soi sans quoi les difficultés pour apprendre risquent de s'installer.





Métacognition et confiance en soi

L’effet délétère du manque de confiance en soi sur les performances scolaires de l’enfant est avéré.


Le manque de confiance peut générer chez lui une" peur de faire "- même s’il le nie et prend une attitude d’indifférence - qui mobilise ses ressources mentales. Il n’a alors plus assez de ressources pour utiliser les connaissances qu’il a préalablement construites.


La situation est alors un cercle vicieux : il n’a pas confiance en lui, il ne peut mobiliser ses connaissances tant cognitives que métacognitives ; mais comme il ne peut utiliser ses savoirs préalables, il ne peut réajuster les compétences métacognitives nécessaires pour comprendre et donc apprendre.

C’est là l’histoire banale d’un élève en difficulté d’apprentissage.

Qu'a-t-il fait au sein de sa situation scolaire pour lui permettre de sortir de ce terrible engrenage avant qu’il ne soit trop tard pour lui ?

Comment développer chez les élèves une attitude positive sur eux-mêmes ?

En bref, il est possible de nommer les différentes compétences métacognitives que l’élève doit manipuler tout au long de sa scolarité :


  • savoir observer

  • savoir être attentif

  • savoir gérer ses émotions

  • savoir utiliser ses mémoires

  • savoir raisonner

  • savoir comprendre et apprendre


Les enfants doivent donc savoir de quels outils mentaux ils ont besoin pour apprendre les savoirs scolaires ou "le socle de compétences" que l’Ecole a l’ambition de leur faire acquérir.



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