La zoothérapie - médiation animale en milieu carcéral

Depuis 2 ans, j'interviens sur certaines prisons de Seine et Marne.

Ce n'était pas un choix au départ, mais un appel puis une suite de rencontres qui ont permis l'élaboration de plusieurs projets autour de la médiation animale en milieu carcéral.

2017 : Quand je fus sollicitée pour monter un projet, j'ai tenu à me former et m'informer sur ce milieu particulier avant de me lancer.

Dans un premier temps, je me suis énormément documentée sur le sujet, mais, en France, j'ai rapidement fais le tour et les études intéressantes en Amérique du Nord ne sont pas forcément transposables ici.

Dans un second temps, j'ai élaboré et présenté une trame d'actions, relative à divers objectifs sur lesquelles la direction m'a sollicité.

L'équipe du SPIP (Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation) , l'unité sanitaire, les surveillants, la direction et la DAP (Direction Administration Pénitentiaire) m'ont accompagnée dans mes démarches et nous échangeons régulièrement afin de faire le bilan de l'action et qu'elle soit pérenne.

Gros challenge pour moi, mais j'aime relever les défis !

Pour cela, il m'a fallut :

- préparer mes séances, m'adapter et surtout improviser / innover en laissant la place au potentiel imprévu.

- proposer aux surveillants les plus septiques de participer à un atelier afin de répondre au mieux à leurs interrogations et qu'ils puissent observer par eux même...

- m'entourer de plusieurs personnes référentes du projet (SPIP/unité sanitaire) au sein de la détention pour échanger sur les détenus participants à l'action afin de mieux cibler les objectifs de chacun.

- être capable d'accepter d'être plusieurs heures coupée du monde (ahahah) pas forcément évident quand on vous pose une question sur votre agenda et qu'il est sur votre téléphone dans votre sac dans le casier à l'entrée de la prison ou que lors d'une séance on vous pose une question et que votre premier réflexe c'est Google...

Et pour l'administration, avoir des résultats, en d'autres termes que l'action ait un sens.

2018 : Après une année de médiation animale avec les détenus, c'est l'heure du bilan de mon action au centre de détention de Melun(77).

De nombreux bénéficiaires et répercutions positives aussi bien sur les détenus que sur le personnel (surveillants, CPIP, psy...).

Ainsi, les actions et résultats de la médiation animale peuvent être repris par les différents professionnels

(ex: la psychologue peut rebondir, à posteriori, sur les interactions ayant eu lieu durant la séance et dont je lui ai fait part);

Mes compte-rendus montrent les détenus sous un autre angle,parce que ceux-ci se révèlent durant nos séances,parce qu'ils se confient...Parce qu'ils osent parler tout simplement.

2019 : Pour aller toujours plus loin, j'ai souhaité proposer plusieurs projets intégrant, entre autre, des refuges Animaliers.

Pour cela, j'ai eu la chance d'être chaleureusement accueillie par Patricia Arnoux de l'association Évidence.

Nous avons passé plusieurs jours à la maison d'arrêt de Strasbourg afin d'échanger sur nos pratiques et sur son expérience avec "l'animalerie" en détention. Patricia m'a beaucoup apporté aussi bien humainement que professionnellement et je la remercie!

Cette année, le SPIP et la DAP ont décidé d'augmenter le nombre de séances et de participants.

Ils ont aussi décidé d'accepter mon projet "Animaux et Réinsertion"

Les travaux d'aménagement de la pièce pour les animaux sont officiellement terminée. Inauguration et début de cette nouvelle action dès Janvier 2020.

Dans le prochain article, je vous ferai vivre les avancées du projet "Animaux et Réinsertion". Comment les détenus vont-ils réagir face à cette nouveauté? Les animaux trouveront-ils leur place dans ce nouvel habitat?

A très vite

Marine D.

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